Vivin

Best of Wine

Vivin

Ses parents tenaient une librairie papeterie (Lamartine) juste à côté. Eric Pasquet a fait le tour du monde, avant de revenir à Neuilly à deux pas de chez lui. On oublie de dire qu'il était d'abord moniteur de ski en Suisse à Leysin, puis à Megève, a beaucoup voyagé, d'Amérique du Nord vers le Sud,  pris femme en Colombie, où il a tenu un restaurant un an durant, est parti trois ans en voyage de noces. De retour en France, il a d'abord oeuvré dans la distribution d'arts graphiques, important un procédé d'images de synthèse, se lançant dans les jeux éducatifs pour enfants.

 

Rien à voir avec le vin? Mais le bonhomme prouve ainsi qu'il est d'abord pédagogue, sensible à l’innovation. Son copain de classe Philippe Damas, alias Philou, le dirige vers le vin. Un cousin lui fait connaître Marcel Lapierre, le pape de Morgon, qui l'accueille à bras ouverts, lui offre une chambre avec vue sur les vignes ("installe-toi, tu es chez toi"), le garde six mois. De retour chez lui, il  veut lier internet et le vin, rachète une boutique, s'y installe comme au bureau, découvre une cave puis deux, la première de 1763, la seconde de 1850. Il prend neuf mois pour l'installer, lui ajoute une table d’hôte, des casiers où il propose des produits de bouche. Eric Pasquet s'y découvre une vocation humaniste pour communiquer l’amour du terroir, des produits authentiques et des vins « vrais ».

 

Son chic à Neuilly? La rencontre relax avec les acteurs du CAC 40 ou assimilés qui viennent lui demander des conseils pour leurs vins quotidiens du moment. Eric, lui, vante avec la verve du passionné néophyte le jambon iberico de Huelva, la cecina (viande séchée de bœuf extra tendre), les grands crus de partout, qu’ils soient bourguignons ou bordelais, de Provence ou Languedoc ou d’Italie, les super-toscans des Bolgheri (Sassicaia) ou de Maremme (Ca’marcanda de Gaja), comme les bandols de Tempier, du domaine de Gros Noir ou de Terrebrune ou le rare Trévallon des Dürrbach.

 

Il joue avec aise sa carte de caviste hors norme et d’aubergiste singulier, se faisant un point d’honneur à ne défendre que les domaines qu’il connaît, vante par coeur, a visité, dont il peut vous décrire les contours avec science. Le midi, on prend place à la grande table de bois comme à la campagne et on goûte les produits sélectionnés avec cœur et ardeur. Le boudin, comme le melsat, le jambonneau, le pâté de tête, le filet de porc, le lomito, le cassoulet ou la boutargue, sans omettre le beaufort ou le comté, qui composent des dînettes généreuses et de qualité.


Gilles PUDLOWSKI


A découvrir ici ‣
+
d'articles